La Genèse du Développement Durable


Le Roi Philippe VI de Valois (Roi de France de 1328 à 1350)

Le concept de développement durable, souvent associé aux termes de durabilité ou de soutenabilité, a émergé dans les années 1990 en réponse à un besoin pressant de redéfinir nos comportements sociaux et notre approche économique. Il incarne un engagement à ménager les ressources mondiales, à les utiliser de manière responsable et à éviter leur épuisement irréversible.  Par Enrico Gallo publié le 02.02.2024

Le premier code forestier

L’origine écrite la plus ancienne de ce concept remonte étonnamment à 1346, grâce à la vision prévoyante du Roi de France Philippe VI de Valois. C’est dans l’ordonnance royale de Brunoy, édictée en mai de cette année-là, que le terme « durabilité » fut utilisé pour la première fois. L’objectif était alors de préserver les ressources forestières, jetant ainsi les bases d’une politique de conservation qui résonne encore aujourd’hui sous la forme du développement durable contemporain.

Cette ancienne ordonnance royale démontre que la conscience de la nécessité de préserver notre environnement a des racines profondes. Ainsi, chaque génération, y compris la nôtre, est appelée à perpétuer cette vision, à œuvrer pour un avenir où les ressources sont utilisées de manière judicieuse, sans les épuiser définitivement.

Voici un extrait de l’article 4 de l’ordonnance royale : « Les maîtres des eaux et forêts enquerront et visiteront toutes les forez et bois et feront les ventes qui y sont, en regard de ce que lesdites forez se puissent perpétuellement soustenir en bon estat »

Plus de 300 ans plus tard, Colbert ordonna en 1661 l’élaboration d’un nouveau code visant à réorganiser l’exploitation sylvicole et à assurer sa durabilité. En 1669, son ordonnance intitulée « sur le fait des Eaux et Forêts » avait pour objectif la protection et la restauration des ressources forestières. L’accent était particulièrement mis sur le chêne, dont la production devait répondre aux besoins futurs de la construction navale.

Cette ordonnance rendait impérative la mise en réserve d’un quart de la superficie forestière. Le reste de la forêt était exploité conformément à un plan d’aménagement forestier. L’exploitation se déroulait par coupe à « blanc-étoc » (coupe rase) d’une parcelle, tout en réservant néanmoins 10 baliveaux à l’arpent (environ un demi-hectare).

Le Code Forestier de 1827

Malgré les mesures prises, alors que la perspective de la « Révolution Industrielle » se profile avec ses exigences énergétiques pour les « maîtres de forges », la couverture forestière ne représente plus que 16 % du territoire français et montre des signes inquiétants de détérioration.

Clairement influencé par les dispositions de l’ordonnance de 1669, le nouveau code forestier promulgué en 1827 restreint davantage les droits d’usage des paysans sur les forêts. Non seulement il réitère les interdictions de l’ordonnance, mais il prétend également « priver un certain nombre d’habitants de bois mort nécessaire au chauffage, de feuilles mortes utilisées pour les animaux dans les étables ou comme engrais, de bruyères et de genêts servant de fourrage, de pacage pour le bétail, et de la cueillette des baies, fruits sauvages et champignons » (source : thèse de Robin Angelats sur la « guerre des Demoiselles » en Ariège, 1829-1830, et la révolte de la montagne catalane en 1848).

Il est fortement recommandé de se plonger dans les 580 pages captivantes de l’œuvre d’Andrée Corvol, L’Homme aux Bois, Histoire des relations de l’homme et de la forêt, XVIIè-XXè siècle, pour explorer et comprendre à quel point la forêt a été au cœur de la vie des Français, un enjeu « royal » opposant les démunis aux puissants.

Votre article est bien articulé, couvrant l’évolution du concept de développement durable depuis ses origines au XIVe siècle jusqu’à son impact sur la gestion forestière au XIXe siècle. Cependant, pour renforcer davantage le contenu, je suggère d’ajouter des sections qui explorent les développements ultérieurs du développement durable, peut-être en mettant en lumière des événements ou des initiatives spécifiques du XXe siècle.

L’Évolution Continue du Développement Durable

Alors que nous avons retracé les racines du développement durable depuis l’ordonnance royale de Brunoy en 1346 jusqu’au Code Forestier de 1827, il est crucial de comprendre que l’évolution de ce concept ne s’est pas arrêtée là. Le XXe siècle a apporté de nouveaux défis et opportunités, forçant la société à repenser son approche envers l’environnement.

Avec l’avènement de la Révolution Industrielle au XIXe siècle, les besoins énergétiques des industries ont conduit à des changements significatifs dans l’utilisation des ressources naturelles, y compris les forêts. Il est essentiel de souligner comment cette période a marqué un tournant dans la prise de conscience environnementale, motivant les premières initiatives de conservation à l’échelle mondiale.

Au cours du XXe siècle, les préoccupations environnementales ont pris une dimension mondiale. Des initiatives internationales telles que le Sommet de la Terre de Rio en 1992 ont catalysé des efforts visant à promouvoir le développement durable à l’échelle planétaire. Ces événements ont donné naissance à des concepts tels que les Objectifs de Développement Durable (ODD), qui guident les actions mondiales vers un avenir plus durable.

La Transition Énergétique et la Gestion Forestière Moderne

Plus récemment, la transition vers des sources d’énergie renouvelables a remis en question notre dépendance aux ressources non renouvelables. La gestion forestière moderne intègre désormais des pratiques durables qui cherchent à équilibrer les besoins humains avec la préservation des écosystèmes forestiers. Des certifications telles que FSC (Forest Stewardship Council) témoignent de l’engagement en faveur de la durabilité dans le secteur forestier.
En ce XXIe siècle, le développement durable continue d’être au cœur des préoccupations mondiales. Des innovations technologiques aux changements de comportement individuel, chaque action compte dans la quête d’un équilibre harmonieux entre l’humanité et la planète.

© 2024 Enrico Gallo

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