Par Enrico Gallo publié le 18 février 2024

La civilisation Caral, aussi connue sous le nom de civilisation de Norte Chico, est un sujet fascinant et riche en histoire. Cette ancienne culture précolombienne florissait dans ce qui est aujourd’hui la région de Norte Chico sur la côte nord-centrale du Pérou. La civilisation de Caral en Amérique du Sud, a prospéré sans guerre pendant environ 1000 ans. Cette période de paix et de prospérité contraste avec l’image traditionnelle de la préhistoire marquée par les conflits et les guerres. Cette civilisation offre une perspective intéressante sur la possibilité d’une société pacifique et prospère, mettant en question les notions de « primitifs » et de civilisation moderne.
La civilisation de la Paix
La civilisation Caral est considérée comme la plus ancienne société urbaine connue des Amériques. Ses débuts remontent à environ 5 000 ans, la plaçant à la même époque que des civilisations anciennes comme la Mésopotamie, l’Égypte, et la Chine ancienne. Depuis sa découverte dans les années 1940, les fouilles archéologiques menées sur le site de Caral au Pérou ont permis de mettre au jour des vestiges de cette civilisation ancienne, y compris des structures monumentales, des artefacts, des outils et des systèmes d’irrigation sophistiqués.
Les recherches archéologiques ont également permis de reconstruire virtuellement la vie quotidienne et les pratiques culturelles de cette société, offrant ainsi une compréhension approfondie de son fonctionnement. Ce qui distingue profondément Caral et lui confère le titre de « Civilisation de la Paix » est l’absence totale de fortifications et d’armes militaires dans ses ruines. Une telle découverte suggère une période de mille ans sans conflits armés, un témoignage de société qui favorise, peut-être, la cohésion et la coopération sur le conflit et la conquête. Cela pose inévitablement une question provocatrice : si l’on prend la mesure de l’histoire en jaugeant le progrès non pas par la sophistication de l’armement, mais par la capacité à vivre sans lui, qui sont alors les véritables « primitifs » ?
L’humain, dans le monde moderne, fait face à des conflits incessants malgré les avancées technologiques et culturelles, tandis qu’une civilisation ancienne a pu prospérer en paix pendant des millénaires.
La non-violence : catalyseur du progrès sociétal
Le cadre urbain de cette civilisation s’étendait sur de larges sites aux structures résidentielles, religieuses, publiques et agricoles impressionnantes. Au cœur de leur vie se trouvaient des pyramides majestueuses, des amphithéâtres où résonnaient sans doute les voix de la communauté et des canaux d’irrigation qui témoignent d’une maîtrise étonnante de l’ingénierie hydraulique. À cela s’ajoute une économie dynamique soutenue par l’agriculture et un réseau de commerce étendu, dévoilant une société complexe et interconnectée.
La civilisation de Caral, à travers son illustre histoire de paix, soulève une profonde question sur le rôle de la non-violence dans le développement culturel, social et technologique des sociétés humaines. L’absence de guerre ne signifie pas un manque d’ambition ou de progrès; au contraire, les preuves archéologiques de Caral suggèrent que la paix a peut-être libéré du potentiel pour des avancées remarquables dans d’autres domaines comme le commerce. En effet, l’absence de conflit a également dû jouer un rôle dans l’échange commercial, avec des routes propices au commerce et non soumises au danger de raids ou de guerres, la confiance s’établit entre partenaires commerciaux divers. Ceci aurait facilité l’échange de biens, de connaissances et de cultures, enrichissant ainsi la civilisation de Caral sur de multiples plans et encourageant une sorte de mondialisation naissante basée sur la coopération mutuelle plutôt que la compétition hostile.
Le modèle de Caral nous montre un chemin alternatif de développement de la civilisation, où l’énergie humaine est consacrée à la croissance culturelle, à l’exploration intellectuelle, et au bien-être communautaire plutôt qu’aux entreprises de destruction.
En considérant l’histoire de Caral, il est peut-être temps de réexaminer la narration de notre propre développement. Nous devons nous demander si les schémas actuels de conflit et de compétition aboutissent réellement à la société épanouie que nous désirons, et si nous pouvons apprendre de cette ancienne civilisation de la Paix comment orienter notre avenir vers un progrès pacifique et intégré.
En conclusion
Alors que nous contemplons les vestiges de leur présence, défiants l’érosion du temps et des mémoires, la réponse à la question de savoir qui sont les véritables « primitifs » se transforme en un miroir tendu vers nos propres images. Il est peut-être temps de considérer que notre quête pour la paix pourrait avoir été, jadis, non seulement imaginée mais pratiquée par ceux que nous appelons les anciens.
Bien que la réalisation d’un monde entièrement pacifique soit un objectif ambitieux et exigeant, la poursuite de la paix à toutes les échelles – du niveau personnel, communautaire, national et international – est d’une importance capitale. Chacun de nous peut contribuer à façonner un monde plus pacifique par nos actions quotidiennes, nos interactions avec les autres et notre plaidoyer en faveur de la justice et de la coexistence pacifique.
Ce texte a été rédigé en mémoire de Mon Très Cher Ami Charles Hartmann, un homme libre, pacifiste et qui m’a fait découvrir d’innombrables sujets dont la civilisation Caral.
© 2024 Enrico Gallo
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